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Etablissements temporaires ou de guerre

AG2020

 

 La poudrerie révolutionnaire de Grenelle - 1794

 

 

 

Début 1794, le Comité de Salut Public et l'Agence révolutionnaire des Salpêtres et des Poudres décident la création à Paris d'un atelier de raffinage du salpêtre et d'une poudrerie. La raffinerie est installée dans l'abbaye de Saint Germain et la poudrerie, conçue autour d'un procédé "simplifié" proposé par Carny (malaxage au pilon remplacé par un mélange en tonne) dans la plaine de Grenelle.

 

 

 

En juin 1794, la poudrerie emploie plus de 1500 personnes et assure plus de 30 % de la production française de poudre noire.
Après à peine 3 mois de fonctionnement, les deux établissements sont victimes de terribles accidents à quelques jours d'intervalle.
Le 21 août 1794, la raffinerie est entièrement détruite par un incendie, et le 31 août, la poudrerie explose, faisant plus de 500 morts et plusieurs centaines de blessés parmi le personnel.

 

 

Pour en savoir plus : Le laboratoire des pollutions industrielles, Paris, 1770-1830, Paris, Albin Michel, 2011, p. 183-194., par Thomas LE ROUX, chercheur au CNRS et membre de l'AF3P.
Nos adhérents ont également accès à l'article de T. Le Roux publié dans la Lettre n°29 de l'A3P et au rapport à la Convention du Citoyen Cadet De Vaux sur les circonstances et les causes de l'explosion.

 

 


La Poudrerie Philippe Auguste - 1870

 

Pendant le siège de Paris en 1870, afin d'alimenter en poudre noire - la seule connue à l'époque - les fusils Chassepot des défenseurs et les canons des fortifications, une Poudrerie fut montée en quelques semaines dans la capitale.
Cette poudrerie fut implantée sur l'Avenue Philippe Auguste entre les rues de Montreuil et de Charonne.

 

 

Sous la direction de Gustave Maurouard, directeur des poudres et salpêtres et créateur de la poudrerie de Sevran-Livry, les bâtiments furent construits et les machines approvisionnées au cours du mois d'octobre, et la mise en route intervint dès le 2 novembre.
La préparation des matières premières (salpêtre, soufre, charbon) fut confiée à des entreprises existantes disposant de moyens adaptés.
La production atteignit rapidement la capacité prévue de 7 t / j, avec une qualité comparable à celle des produits des autres poudreries, bien que le procédé ait été sensiblement simplifié (agglomération à la presse sans passer par les habituelles meules ou pilons).

 

 

Plan de la Poudrerie Philippe Auguste

Mémorial des Poudres, tome 2 - 1885-1889

 

 

La poudrerie fonctionna jusqu'à l'armistice, le 28 janvier 1871.
En 3 mois, elle avait produit plus de 312 t de poudre, et cela sans incident ni accident notables, résultat absolument remarquable pour une installation montée dans l'urgence et dans une ville en état de siège.

 

 


Etablissements temporaires ou de guerre


En période ce crise, les circonstances ont parfois conduit à la mise en place d'établissements de fabrication de poudre ou d'explosifs, souvent montés dans l'urgence et dont la durée de vie a été très limitée, de quelques semaines à quelques années au maximum.


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