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Journées Paul Vieille

Journées Paul Vieille


1ères Journées  - 1984 100ème anniversaire de l'invention des poudres sans solvant

2èmes Journées - 1991 Rôle des substances explosives dans la réduction de la vulnérabilité des munitions

3èmes Journées - 2000 Instrumentation,expérimentation et expertise des matériaux énergétiques

4èmes Journées  - 2003 Histoire des propergols solides au XXème siècle

5èmes Journées  - 2006 Soixante ans de pyrotechnie moderne

6èmes Journées - 2009 Histoire de la modélisation et de la simulation en pyrotechnie 

7èmes Journées - 2012  Utilisations civiles de l'énergie explosive

8èmes Journées - 2016 Les poudres, les explosifs et la pyrotechnie pendant la guerre de 14-18

9èmes Journées - 2018  Les conséquences de l'Armistice du 11 novembre 1918


8èmes Journées Paul Vieille 2016


 

 

 

 

 

 

 

 

Les poudres, les explosifs et la pyrotechnie pendant la guerre de 14 - 18 (11 - 12 octobre 2016 – École Militaire)

La première guerre "mondiale", si elle a mérité ce nom par la diversité des zones de conflit et des nations impliquées, a été aussi la première au cours de laquelle ont été mobilisées la quasi-totalité des populations et des ressources des pays en conflit.

Au cours de ces quatre années, de très nombreuses innovations techniques comme l'aviation, la guerre sous-marine, les chars ou les gaz de combat, ont été pour la première fois mises en œuvre à grande échelle, mais un des éléments les plus marquants a été l'usage intensif de l'armement terrestre et plus particulièrement de l'artillerie de gros calibre.

Cet emploi généralisé de l'artillerie a été permis par les développements techniques récents, en particulier celui des poudres sans fumée (Paul Vieille - 1885) et du chargement en explosif "coulé-fondu" (mélinite de Turpin - 1887). Le recours a des procédés de synthèse chimique (nitration, chloration) autorisant une production en masse des matières explosives de base, a également été un élément déterminant pour répondre à l'extraordinaire accroissement des volumes de munitions consommées par les belligérants : alors qu'en août 1914 la demande en poudres et explosifs exprimée par l'armée française ne dépassait pas 100 t / j de poudres et explosifs, la production atteignait les 1000 t / j dès le printemps 1916 pour culminer à plus de 1200 t / j en 1917…

Les Huitièmes Journées Paul Vieille ont montré, à travers un certain nombre d'exemples concrets, comment la mobilisation de tous les moyens utiles a permis à l'industrie française de relever le défi qui lui était posé, en répondant en temps et en heure à ces besoins sans cesse croissants, malgré les difficultés nombreuses à laquelle elle était confrontée : installations insuffisantes, rationnement des matières premières, manque de main-d'œuvre qualifiée …

Au cours de ces Journées, une centaine de participants d'origines très diverses ont pu entendre une douzaine de conférenciers, historiens, sociologues, spécialistes des poudres et explosifs..., leur présenter différents aspects de cette mobilisation de "l'arrière" qui, si elle ne doit pas éclipser le sacrifice des combattants du front, n'en a pas moins apporté une contribution essentielle, quoique trop méconnue, à la victoire finale.

Les conséquences - dont certaines à long terme - de ce conflit : arrêt d'installations et démobilisation des personnels, traitement des stocks et décontamination des zones de combat ... feront l'objet de nouvelles Journées, en principe en 2018.

Le programme des 8èmes Journées Paul Vieille et la liste des actes disponibles peuvent être consultés ici.


9èmes Journées Paul Vieille 2018


La 9ème Journée Paul Vieille organisée par l'AF3P s'est tenue le 5 décembre dernier à l’École Militaire. Plus de 80 auditeurs ont assisté à cette Journée et ont été très intéressés par la présentation de divers aspects peu connus des conséquences, dans le domaine des produits explosifs, de la fin de la Grande Guerre : fermetures d'établissements, licenciement et "reclassement" des travailleurs étrangers, traitement des stocks excédentaires et des munitions trouvées sur le terrain…

Après un rappel de la situation du Service des Poudres et des principaux problèmes à traiter au moment de l'armistice, les présentations ont porté sur :

  • - la mise en sommeil de la Poudrerie de Bergerac, avec la mise sous cocon des unités susceptibles d'être réactivées en cas de nouveau conflit (nitrocelluloses, poudre B,...), la vente ou la location de nombreuses installations et équipements annexes (école, cantonnements, usine d'oléum, transformateurs, moteurs,...), les essais de reclassement de personnel, le stockage des stocks de poudre en ballastière, etc...

  • - le devenir des travailleurs immigrés selon leur statut : les Algériens, sous contrat de 6 mois ou un an furent rapidement renvoyés chez eux (avant un retour en masse quelques mois après en raison de la pénurie de main d’œuvre...!), alors que les chinois et indochinois, ayant des contrats  de durée plus longue, furent cantonnés à des travaux subalternes – et souvent dangereux – comme la reconstruction des  infrastructures ou "l'assainissement" des zones de combat. En effet, notamment sous la pression des syndicats qui exigeaient le retour rapide des mobilisés au front dans leur emploi d’origine, il ne leur fut pas permis de rester dans les emplois qu'ils occupaient pendant la guerre, postes où ils donnaient pourtant en général toute satisfaction... De là de nombreuses rancœurs et les germes des courants anticolonialistes qui se développèrent après leur retour au pays.

  •  - la question du stockage en ballastières des poudres B potentiellement instables (plus de 6000 t), question aggravée par la poursuite pendant de longs mois des fournitures américaines au titre des contrats passés, qu'il ne fut pas possible d'interrompre. Le problème de ces ballastières n'est pas soldé puisque par exemple il reste plusieurs milliers de tonnes de poudres diverses dans la vase des ballastières de Toulouse-Bracqueville, malgré plusieurs campagnes de récupération.

  • - la production d'ypérite à la Poudrerie d'Angoulême et la gestion des stocks jusque dans les années 1960.

  • - les différentes étapes et les méthodes employées pour la récolte et le traitement des munitions non explosées retrouvées sur le terrain, dont le nombre a été estimé à plusieurs dizaines de millions dont au moins 5 millions de munitions "toxiques".

Il convient de souligner combien ces évènements vieux de 100 ans ont encore un impact important de nos jours et pour les générations à venir : au rythme actuel, la durée nécessaire pour récupérer les munitions non explosées est estimée à plusieurs centaines d'années, et il reste de nombreux sites de production ou de stockage dont la dépollution est loin d'être terminée !


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